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Rafał Blechacz et Chopin

Rafał Blechacz

«L’artiste conduit la poésie jusqu’à l’impalpable» «Un coeur pur au piano, en nuances subtiles et racées»

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📚 Con leggierezza

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     Après avoir répondu avec émotion à Maria Wodzińska le 18 juillet 1834 et lui avoir adressé sa Grande Valse brillante op. 18, Chopin remet cette partition ainsi que la lettre destinée à la famille Wodziński au pianiste genevois Pierre Wolff, alors de passage à Paris. Ancien élève et ami de Franz Liszt, Wolff sera bientôt nommé professeur au futur Conservatoire de Genève, fondé l’année suivante.  1  Il emporte également l’autographe du Presto con leggierezza , dédicacé par Chopin ce même jour : « Paris, 18 juillet 1834, à mon ami P. Wolff ».  2 Le Presto con leggierezza (Prélude en la bémol majeur, WN 44, KKIVb/7) ne sera publié qu'en 1919.  3 Manuscrit autographe du Presto con leggierezza , page 1 (📸 Library of Congress ) Manuscrit autographe signé du Presto con leggierezza , page 2:  « Paris, 18 juillet 1834, à mon ami P. Wolff »  (📸 Library of Congress ) nifc.pl 🎶 Rafał Blechacz interprète le Presto con leggierezza (Pr...

Il n’est pas le premier, il est à part

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   Le 24 avril 1841, le quotidien La Presse annonce le concert imminent de Frédéric Chopin à Paris — son premier concert public depuis six ans :  « Il est un artiste, à Paris, qui a une place tout à fait particulière : chacun le connaît, chacun l’admire, et presque personne ne l’a entendu. Il ne va ni à Londres, ni à Saint-Pétersbourg, ni à Vienne, et la Russie, l’Angleterre et l’Allemagne le citent et l’attendent. Il ne donne jamais de concerts, et sa réputation reste toujours la même, en dépit de son silence. Les talents les plus éclatants l’honorent et le saluent avec respect ; sa gloire, cachée au fond du cœur, n’éclipse celle de personne, et domine celle de tout le monde : il n’est pas le premier, il est à part. Chacun devine que c’est de Chopin qu’il s’agit. […] Le concert aura lieu dans les salons de Pleyel, rue Rochechouart. »  1 2    Manufacture et Salons Pleyel, 20-24 rue de Rochechouart, Paris, en 1839 (📸  Pleyel )  "Théâtre, fêtes et...

Un concert sur un piano muet

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   Le 18 avril 1841, George Sand évoque avec humour l’état d’esprit de Frédéric Chopin, huit jours avant son premier concert public à Paris depuis six ans. Elle écrit à son amie, la cantatrice Pauline Viardot : « Une grande, grandissime nouvelle, c'est que le petit Chip Chip va donner un grrrrrrand concert. Ses amis le lui ont tant fourré dans la tête qu’il s'est laissé persuader. Cependant il se flattait toujours que cela serait si difficile à arranger, qu'on y renoncerait. Les choses ont été plus vite qu'il ne croyait. À peine avait-il lâché le oui fatal, que tout s'est trouvé fait comme par miracle, et que les 3/4 de ses billets étaient pris, avant qu'on eût même annoncé, alors il s'est réveillé comme d'un songe, et l’on ne peut rien voir de plus drôle, que le méticuleux et irrésolu Chip Chip, obligé de ne plus changer d'avis. Il espérait que vous viendriez et que vous chanteriez pour lui, accompagnée par lui. Quand j’ai reçu votre lettre et qu...

📚 Le Pianiste et le panaris

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 En ce début d’année 1834, Frédéric Chopin ne laisse personne indifférent. L’originalité de son talent suscite des réactions contrastées:  des éloges fervents, mais aussi des inimitiés virulentes, allant jusqu’à l’apparition d’une lettre injurieuse publiée sous son nom. À Varsovie, son père s’inquiète de la santé de ce fils si sollicité, dont l’activité parisienne s’étire en longues soirées. L’une d’elles, en février, prendra une tournure particulièrement piquante.  Un exemplaire de la revue  Le Pianiste (n°1)   L’un des compositeurs les plus avant-gardistes  À cette époque, comme l’explique Tadeusz Zieliński, Chopin est  « incontestablement l’un des compositeurs les plus avant-gardistes et les plus radicaux dans ses moyens d’expression. […] Citons pêle-mêle la fréquence des modulations « non préparées », dont la plupart des musiciens se plaignaient souvent sans parvenir à les comprendre, les imprévisibles changements de tonalité en milieu de phrase, l...

Au-delà de toute parole

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  Le  2 décembre 1836, le pianiste  Charles Hallé — futur fondateur du célèbre Hallé Orchestra de Manchester 1 — écrit à ses parents: « Le même soir [30 novembre 1836], j’allai dîner chez le baron [Adolphe] d'Eichthal, où je fus traité très cordialement, et chez qui j’entendis Chopin. Ce fut au-delà de toute parole. Le peu de bon sens qui me restait m’a complètement abandonné. J’aurais pu me jeter dans la Seine. Tout ce que j’entends depuis me paraît si insignifiant que je préfèrerais ne rien entendre du tout.   Chopin ! Ce n’est pas un homme, c’est un ange, un dieu — que sais-je encore ? Les compositions de Chopin jouées par Chopin ! Quelle joie insurpassable ! Je vous décrirai son jeu une autre fois. […] Tandis que Chopin jouait, je ne pouvais penser à rien sinon à des elfes et danses féeriques, si merveilleuse est l’impression qui se dégage de ses compositions. Rien n’y rappelle qu’un être humain a produit cette musique. Cela semble descendre du ciel — si pur, ...