Nous n’en avions jamais assez de l’écouter
Le 26 septembre 1835, Anna Thun-Hohenstein , une élève de Frédéric Chopin, se souvient dans son journal intime du séjour du compositeur et de ses parents, quelques jours auparavant, au château familial de Tetschen [Děčín, Tchéquie] : « […] Le premier jour, il n’y avait pas moyen de l’aborder, tant il était triste de s’être séparé de ses parents [qu’il ne reverra jamais], repartis pour Varsovie; mais cela nous plaisait qu’il ait voulu être laissé à sa douleur, c’était tout naturel. Mais il s’est rattrapé les jours suivants, et nous n’en avions jamais assez de l’écouter. Il est impossible de jouer avec plus de légèreté, de sentiment, en même temps qu’avec plus de force ces œuvres casse-cou. L’écouter improviser est un pur délice. Il se fait donner différents thèmes et se met à jouer dessus pendant une demi-heure entière comme si de rien n’était. […] Et de plus, Chopin est un homme infiniment gentil, simple et gai. Avec son remarquable tale...