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Rafał Blechacz et Chopin

Rafał Blechacz

«L’artiste conduit la poésie jusqu’à l’impalpable» «Un cœur pur au piano, en nuances subtiles et racées»

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L'impression d'une effusion spontanée

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     Le 7 juillet 1848, Frédéric Chopin donne à Londres l'un des derniers concerts de sa carrière. Grâce au facteur de pianos John Broadwood , il a fait la connaissance de Lord Falmouth, riche aristocrate mélomane qui met à sa disposition son hôtel particulier du 2 St James's Square. Près de deux cents invités assistent à cet évènement.  1 Programme du concert de F. Chopin du 7 juillet 1848 à Londres (📸   The Cobbe Collection Trust ) Chopin y interprète notamment un Andante Sostenuto (probablement celui de l'opus 22  2 ), le Scherzo en si bémol mineur op. 31, les Études op. 25 en la bémol majeur (n° 1), fa mineur (n° 2), do dièse mineur (n° 7) , un Nocturne , la Berceuse , des Préludes , des Mazurkas ,  une Ballade , et des Valses . Pauline Viardot chante des Mazurkas arrangées par elle-même pour la voix .  3 Trois jours plus tard, le Daily News publie sous la plume du critique musical George Hogarth un article qui demeure l'un des plus...

📚 Le phénomène Chopinetto

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   Le début d’année 1834 s’ouvre sur d’heureuses nouvelles en provenance de la famille Chopin. Dans une lettre de cette période, Nicolas  Chopin évoque le bonheur de Ludwika, la sœur aînée du compositeur, dont « un charmant enfant resserre son union ».    Henryk (1833-1899), premier enfant de Ludwika, sera plus tard à l’initiative de la plaque commémorative apposée au 12, place Vendôme, dernier appartement parisien de Chopin.  1 Dans cette même lettre, Nicolas annonce également le futur mariage d’Izabella, l'autre sœur de Frédéric avec Antoni Barciński .  2  Si les relations de Chopin avec Józef Jędrzejewicz , l’époux de Ludwika, demeurent plutôt distantes, celles qu’il entretient avec Barciński sont au contraire très chaleureuses.  3 Contrairement à son beau-frère Jędrzejewicz, Barciński exerçera une influence profondément positive sur la famille Chopin. Ses rapports avec chacun de ses membres sont empreints d'affection, de sympathie et d'...

Émerveillement à Majorque

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     Le 15 novembre 1838, Chopin, heureux, écrit à son ami Julian Fontana resté à Paris. Il vient d' arriver à Majorque (Baléares) et de s'installer, avec George Sand et ses enfants, à la Villa  Son' Vent  (la "Maison du Vent") à  Establiments , près de Palma, en attendant l’ameublement de leur futur logement à la Chartreuse de Valldemossa.  1 2   Il lui décrit la splendeur de son nouveau cadre de vie :   « Palma, le 15 novembre 1838, Mon bien cher,  Je suis à Palma au milieu des palmiers, des cèdres, des cactus, des oliviers, des orangers, des citronniers, des aloès, des figuiers, des grenadiers..., enfin de tous les arbres que possèdent les serres du Jardin des Plantes . Le ciel est de turquoise, la mer, de lapis-lazuli; les montagnes, d'émeraude, et l'air est comme au ciel.  Du soleil toute la journée. Tout le monde est vêtu comme en été car il fait chaud. La nuit, on entend des chants et le son des guitares pendant des heur...

Une sceptique frappée par la grâce

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 De passage à Leipzig le 12 septembre 1836, Chopin rend visite à Robert Schumann . Ce dernier le conduit d’abord chez la famille Wieck , puis chez Henriette Voigt (1808-1839)  1 , une pianiste réputée pour ses goûts traditionnels et ses jugements sans concession en matière d’harmonie et de style. Jusqu’alors, chaque fois qu’elle s’était penchée sur les œuvres de Chopin, elle les avait écartées, les trouvant incompréhensibles.  2 Manuscrit autographe du Nocturne op. 27 n° 2 , page 1 (📸 chopin.nifc.pl  et  polona2.pl )  Mais le lendemain, 13 septembre, tout change. Elle note dans son journal :  « Hier, Chopin était ici et il a joué une heure sur mon piano — un Nocturne  3  [op. 27 n° 2] et des Études nouvelles [op. 25]. Homme intéressant et jeu plus captivant encore; il m’a profondément troublée.  L'exaltation extrême de son style visionnaire se communique à une oreille attentive ; j'en retenais mon souffle.  Elle est merveilleuse, l...

Les cousins écossais de Marie Stuart

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     Le 4 septembre 1848, Chopin, alors en tournée en Grande-Bretagne, malgré une santé précaire (il disparaîtra un an plus tard), écrit depuis Johnstone Castle 1 , dans les environs de Glasgow, à son ami Wojciech Grzymała , resté à Paris : « Le temps a changé, il fait mauvais dehors, je suis triste et les gens m'ennuient par le soin excessif qu'ils prennent de ma personne. Je ne peux ni respirer un peu, ni travailler. Je me sens seul, seul, seul, bien que je sois fort entouré. Mais pourquoi t'ennuyer de mes jérémiades. Tu as bien assez d'ennuis toi-même ! Ma lettre devrait venir t'égayer.    Johnstone Castle avant 1950 (📸  trove.scot ) « Si j'étais de bonne humeur, je te décrirais une Écossaise, 13ème cousine de Marie Stuart - sic !! Elle a pris un mari qui ne porte pas le même nom qu'elle et qui m'a fait part tout à fait sérieusement de cette particularité.    Ce ne sont que cousins et cousines de nobles familles portant d'illustres noms que nu...

Le récital de Manchester

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     Le 28 août 1848, Chopin donne un unique récital au prestigieux Manchester Gentleman’s Concert Hall.  1   Monument à Chopin, par  Robert Sobociński (2011),  Manchester, Royaume-Uni (📸 Tim Green,  ponadgranicami.org )  Il redoute de se produire dans une immense salle de 1200 places.  2  3   «  Mon jeu sera perdu dans une salle aussi vaste » 4 5 , confie-t-il à son ami irlandais des premières années parisiennes, Georg Alexander  Osborne   6 ,  —  qui accompagne les chanteurs ce soir-là. Malgré ses craintes, le public lui fait un triomphe : il est rappelé à trois reprises.  7 8 Osborne pressent toutefois les réserves de la presse et confiera plus tard :  « Son jeu était trop délicat pour susciter l’enthousiasme, et j’étais vraiment désolé pour lui. »  9 La santé de Chopin, en effet, décline rapidement — il s’éteindra l’année suivante, à l’âge de 39 ans.  Cette faiblesse n’écha...