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Rafał Blechacz et Chopin

Rafał Blechacz

«L’artiste conduit la poésie jusqu’à l’impalpable» «Un coeur pur au piano, en nuances subtiles et racées»

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📚 Le phénomène « Chopinetto »

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   Le début d’année 1834 s’ouvre sur d’heureuses nouvelles en provenance de la famille Chopin. Dans une lettre de cette période, Nicolas  Chopin évoque le bonheur de Ludwika, la sœur aînée du compositeur, dont « un charmant enfant resserre son union ».    Henryk (1833-1899), premier enfant de Ludwika, sera plus tard à l’initiative de la plaque commémorative apposée au 12, place Vendôme, dernier appartement parisien de Chopin.  1 Dans cette même lettre, Nicolas annonce également le futur mariage d’Izabella, l'autre sœur de Frédéric avec Antoni Barciński .  2  Si les relations de Chopin avec Józef Jędrzejewicz , l’époux de Ludwika, demeurent plutôt distantes, celles qu’il entretient avec Barciński sont au contraire très chaleureuses.  3 Contrairement à son beau-frère Jędrzejewicz, Barciński exerçera une influence profondément positive sur la famille Chopin. Ses rapports avec chacun de ses membres sont empreints d'affection, de sympathie et d'...

Émerveillement à Majorque

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     Le 15 novembre 1838, Chopin, heureux, écrit à son ami Julian Fontana resté à Paris. Il vient d' arriver à Majorque (Baléares) et de s'installer, avec George Sand et ses enfants, à la Villa  Son' Vent  (la "Maison du Vent") à  Establiments , près de Palma, en attendant l’ameublement de leur futur logement à la Chartreuse de Valldemossa.  1 2   Il lui décrit la splendeur de son nouveau cadre de vie :   « Palma, le 15 novembre 1838, Mon bien cher,  Je suis à Palma au milieu des palmiers, des cèdres, des cactus, des oliviers, des orangers, des citronniers, des aloès, des figuiers, des grenadiers..., enfin de tous les arbres que possèdent les serres du Jardin des Plantes . Le ciel est de turquoise, la mer, de lapis-lazuli; les montagnes, d'émeraude, et l'air est comme au ciel.  Du soleil toute la journée. Tout le monde est vêtu comme en été car il fait chaud. La nuit, on entend des chants et le son des guitares pendant des heur...

Une sceptique frappée par la grâce

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 De passage à Leipzig le 12 septembre 1836, Chopin rend visite à Robert Schumann . Ce dernier le conduit d’abord chez la famille Wieck , puis chez Henriette Voigt (1808-1839)  1 , une pianiste réputée pour ses goûts traditionnels et ses jugements sans concession en matière d’harmonie et de style. Jusqu’alors, chaque fois qu’elle s’était penchée sur les œuvres de Chopin, elle les avait écartées, les trouvant incompréhensibles.  2 Manuscrit autographe du Nocturne op. 27 n° 2 , page 1 (📸 chopin.nifc.pl  et  polona2.pl )  Mais le lendemain, 13 septembre, tout change. Elle note dans son journal :  « Hier, Chopin était ici et il a joué une heure sur mon piano — un Nocturne  3  [op. 27 n° 2] et des Études nouvelles [op. 25]. Homme intéressant et jeu plus captivant encore; il m’a profondément troublée.  L'exaltation extrême de son style visionnaire se communique à une oreille attentive ; j'en retenais mon souffle.  Elle est merveilleuse, l...

Les cousins écossais de Marie Stuart

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     Le 4 septembre 1848, Chopin, alors en tournée en Grande-Bretagne, malgré une santé précaire (il disparaîtra un an plus tard), écrit depuis Johnstone Castle 1 , dans les environs de Glasgow, à son ami Wojciech Grzymała , resté à Paris : « Le temps a changé, il fait mauvais dehors, je suis triste et les gens m'ennuient par le soin excessif qu'ils prennent de ma personne. Je ne peux ni respirer un peu, ni travailler. Je me sens seul, seul, seul, bien que je sois fort entouré. Mais pourquoi t'ennuyer de mes jérémiades. Tu as bien assez d'ennuis toi-même ! Ma lettre devrait venir t'égayer.    Johnstone Castle avant 1950 (📸  trove.scot ) « Si j'étais de bonne humeur, je te décrirais une Écossaise, 13ème cousine de Marie Stuart - sic !! Elle a pris un mari qui ne porte pas le même nom qu'elle et qui m'a fait part tout à fait sérieusement de cette particularité.    Ce ne sont que cousins et cousines de nobles familles portant d'illustres noms que nu...

Le récital de Manchester

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     Le 28 août 1848, Chopin donne un unique récital au prestigieux Manchester Gentleman’s Concert Hall.  1   Monument à Chopin, par  Robert Sobociński (2011),  Manchester, Royaume-Uni (📸 Tim Green,  ponadgranicami.org )  Il redoute de se produire dans une immense salle de 1200 places.  2  3   «  Mon jeu sera perdu dans une salle aussi vaste » 4 5 , confie-t-il à son ami irlandais des premières années parisiennes, Georg Alexander  Osborne   6 ,  —  qui accompagne les chanteurs ce soir-là. Malgré ses craintes, le public lui fait un triomphe : il est rappelé à trois reprises.  7 8 Osborne pressent toutefois les réserves de la presse et confiera plus tard :  « Son jeu était trop délicat pour susciter l’enthousiasme, et j’étais vraiment désolé pour lui. »  9 La santé de Chopin, en effet, décline rapidement — il s’éteindra l’année suivante, à l’âge de 39 ans.  Cette faiblesse n’écha...

"De vieux cymbalums nigauds"

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     💔 Le 18 août 1848, Chopin écrit à son ami Julian Fontana depuis l’Écosse : « […] Nous sommes comme de vieux cymbalums [jeu de mots polonais sur cymbały , qui désigne à la fois le cymbalum, instrument de musique, et, familièrement des nigauds , des imbéciles ], auxquels le temps et les circonstances ont fait jouer leurs misérables petits trilles. […] La table d'harmonie est excellente; seules les cordes sont cassées et quelques chevilles ont disparu.  Mais le malheur, le voici : nous sommes l'œuvre d'un luthier illustre, celle de quelque Stradivarius sui generis qui n'est plus là pour nous réparer. […] Moi, je respire à peine : je suis tout prêt à crever [en français dans le texte]. Toi, tu deviendras complètement chauve et tu te pencheras sur ma tombe, semblable aux saules de chez nous qui, t'en souviens-tu, montrent un crâne dénudé. [...] Je t'écris des bêtises car je n'ai plus rien de raisonnable dans la tête. Je végète et j'attends patiemment ...

Le comble du bonheur

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     En août 1835, Chopin décide de surprendre ses parents, qu’il n’a pas revus depuis son départ de Pologne en novembre 1830, en les rejoignant à Carlsbad (aujourd’hui Karlovy Vary, en Tchéquie), où son père, Nicolas, vient suivre une cure sur les conseils de son médecin varsovien.  Frédéric arrive discrètement le même jour qu’eux, le 15 août, et la famille se retrouve dès le lendemain matin, dans une grande émotion.  1  Nicolas s’empresse de relater cet heureux évènement à ses filles, et Frédéric, débordant de joie, griffonne à ses sœurs quelques lignes en post-scriptum : « [...] Notre joie est indescriptible ! Nous nous embrassons et nous nous embrassons. Que pourrait-on faire de mieux? Quel dommage que nous ne soyons pas tous ensemble. [...]. J'écris sans ordre. Mieux vaut ne penser à rien aujourd'hui et jouir du bonheur qu'il nous est donné de vivre. Ce que le présent m'apporte aujourd'hui est unique. Nos parents n'ont pas changé, ils sont toujours les...