Rafał Blechacz et Chopin

Rafał Blechacz

«L’artiste conduit la poésie jusqu’à l’impalpable» «Un cœur pur au piano, en nuances subtiles et racées»

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L' art de Rafał Blechacz en quelques mots


 Au fil des années, les critiques et journalistes ont cherché à saisir l’essence du jeu de Rafał Blechacz. Voici une sélection d’extraits d’articles de presse internationale, révélant les qualités singulières du pianiste.

Récital de Rafal Blechacz au Théatre des Champs-Elysées à Paris, le 6 mai 2024

Récital de Rafal Blechacz au Théatre des Champs-Elysées à Paris, le 6 mai 2024 (📸 Damian Gruszczyński


💫 Elbphilharmonie, Guido Fischer (brochure du récital du 14/04/2026), 08/04/2026

"Le pianiste polonais confère à chaque note une intensité lumineuse."

« Rafał Blechacz compte parmi les interprètes de Chopin les plus éminents de notre époque. Avec un sens aigu des couleurs sonores, une technique irréprochable et une compréhension profonde de l’univers expressif romantique de son compatriote, le pianiste polonais confère à chaque note une intensité lumineuse. Ses concerts, acclamés par le public, sont de véritables raretés, car afin de se consacrer pleinement à la musique, Blechacz se produit rarement – bien moins souvent que nombre de ses collègues. Avec une soirée entièrement consacrée à Chopin, la série « Pianomania » atteint son apogée cette saison. »

 

💫 Online Merker, Georgina Szeless, 01/03/2026 Drapeau Autriche

« On gardera en mémoire le récital du pianiste polonais Rafał Blechacz (40 ans), donné le 28 février 2026 au Brucknerhaus de Linz [...]. 

 "Tant de génie avec si peu de comportement de star sur les touches."

« [...] On attendait en effet un moment d’exception, que cette personnalité hors norme qu’est Blechacz confirme dans le monde actuel des succès rapides. Non seulement par sa souveraineté au clavier, mais par son rang de classe mondiale depuis longtemps établi, révélant tant de génie avec si peu de comportement de star sur les touches. La retenue est sans doute, parmi ses nombreuses qualités, l’une des forces particulières de Blechacz. [...] Aujourd’hui quadragénaire, il se montre parcimonieux dans le nombre de concerts annuels, vit de manière extrêmement modeste et retirée ; comme il l’a dit un jour, il se contente tout simplement de jouer du piano.

 "On n’oubliera jamais la prestation de ce magicien cosmopolite du clavier."

 [...] C’est toutefois après l’entracte que Blechacz accéda à l’Olympe avec son adoration pour « son » Chopin. Son aveu que Chopin, plus que tout autre compositeur, avait façonné sa vie et sa carrière, n’avait plus besoin d’être confirmé. Et c’est alors qu’il se dépassa pleinement. La mélancolie typiquement polonaise, la culture sonore subtilement âpre, l’équilibre entre richesse de couleurs dans le toucher, la rythmique raffinée et l’art contrapuntique de la construction : toutes ces facettes de son jeu posaient des accents délicats, scintillant comme des pierres précieuses dans le ciel d’un Frédéric Chopin. [...]

Comme déjà mentionné, la fin de la soirée arriva beaucoup trop vite. [...] Mais on n’oubliera jamais la prestation de ce magicien cosmopolite du clavier. »



💫 Bachtrack, 14/02/2025drapeau

 "Son Chopin sonne ainsi souvent agréablement dépouillé, mais vibrant et, lorsque cela s’impose, impétueux et incisif."  

« [...] Lorsqu’il joue Chopin, jamais il ne cherche à en extraire une dimension trop mondaine ; sous ses doigts, cette musique ne sonne pas comme une poésie doucereuse. Blechacz en dévoile l’élégance fragile, ses angles et ses aspérités dans un espace restreint. Là où certains de ses collègues tentent d’expliquer Chopin à l’aide de la pédale, Blechacz fait preuve de retenue avec son pied droit. Son Chopin sonne ainsi souvent agréablement dépouillé, mais vibrant et, lorsque cela s’impose, impétueux et incisif. » 

 

💫 澎湃新闻 (The Paper News), Pékin, 28/10/2024drapeau

"Là où les mots s'arrêtent, la musique commence... " 

« […] Rafał Blechacz entre en scène sous le regard attentif de tous, avec une allure pâle, élégante et sans artifice. C’est sa première représentation en Chine, donnée dans le cadre de la 23ᵉ édition du Festival international des arts de Shanghai. […] Certains amateurs de musique classique, remplis de tendresse, considèrent qu’il ressemble étrangement à Chopin. Comment ne pas faire le parallèle ? Avec ses cheveux bouclés, ses yeux profonds et captivants, son sourire constant et ses doigts longs et fins, la ressemblance est frappante. On raconte que la technique unique de jeu de Chopin est née de sa silhouette élancée et de sa solide structure osseuse. Tout semble ainsi boucler la boucle. […]

"Se préparer à l'enchantement"

Blechacz s’assoit, les pans de son habit de concert tombant derrière lui. Face au piano, il reste silencieux un instant — lors de ses précédents concerts, il sortait souvent un mouchoir de la poche de sa veste et, doucement et rapidement, passait le tissu sur les touches, comme s’il caressait la joue d’un être cher avec une plume. Ce geste est devenu sa signature […]. En réalité, le clavier n’a pas besoin d’être dépoussiéré ; c’est plutôt une façon de se concentrer, de se préparer à l’enchantement. […] »



 💫 Le Temps, Sylvie Bonier, 31/10/2018drapeau (article paru en français)

"L’artiste conduit la poésie jusqu’à l’impalpable"

« Venu remplacer Murray Perahia souffrant, le jeune pianiste polonais a offert à Genève un récital éblouissant. 

 Depuis qu’il a raflé à 20 ans tous les prix du Concours Chopin de Varsovie en 2005, Rafal Blechacz mène une carrière discrète et sans faute. Remporter le prestigieux Gilmore Artist Award neuf ans plus tard n’est pas non plus monté à la tête du jeune Polonais. Le pianiste avance avec une rigueur, un sérieux et un perfectionnisme qui imposent le respect. 

[…] Cette conscience aiguë de son art, Rafal Blechacz la traduit de la tête aux doigts. Attitude droite […], articulation précise, attaques imparables, sonorités et dynamiques finement variées: le pianiste maîtrise un jeu d’une absolue clarté. 

 – Une science stupéfiante du raffinement – 

 […] un exemple d’équilibre et de classicisme tout à son image. […] Rafal Blechacz porte à son sommet une science stupéfiante du raffinement. 

Comme un mathématicien, qui pousse sa discipline aux confins de la pensée, l’artiste conduit la poésie jusqu’à l’impalpable. Des touchers suspendus mais incarnés, des tempi lents mais toujours en mouvement, des lignes internes éclairées une à une dans une lumière d’ensemble ronde et tendre : tout est dans tout. 

– Grand maître à venir – 

 […] Rafal Blechacz peut tout jouer. Sa technique est brillante, sans aucune ostentation. Mais surtout, sa hauteur supérieure de jeu, son contrôle au milligramme de chaque note, son raffinement de coloriste, son génie narratif et sa palette de dynamiques, parfois dures mais toujours justes, en font déjà un maître. Un grand à venir. »



💫 Res Musica, Bertrand Saint-Etienne, 24/02/2018   🌏 (magazine international, article paru en français)

"Pureté et luminosité. Romantisme élégant sans préciosité" 

« Pure et lumineuse, la partie Mozart s'inscrit dans des tons mineurs faisant surgir la dimension angoissée de l'œuvre. D'une apparente simplicité, le Rondo en la mineur (K. 511) est un modèle d'équilibre et de délicatesse : dans ces pages à l'écriture intimiste, la moindre brusquerie serait fatale. La maîtrise de Blechacz nous préserve de ce danger et nous installe dans un univers stylistique où perce déjà un certain romantisme, assumé avec élégance, mais sans préciosité. […] 

 […] Dans les quatre Mazurkas de l'Opus 24 de Chopin, Blechacz est indéniablement chez lui, restituant avec noblesse et simplicité l'esprit paradoxal de cette musique populaire de salon. Après ces pièces délicates, la toute-puissante Polonaise « Héroïque », jouée parfois jusqu'à la caricature, à laquelle Blechacz parvient pourtant à donner une profondeur et une force d'évocation surprenantes, en l'arrachant à la loi de la pesanteur pour interpréter une incroyable danse bondissante aux accents guerriers. » 

 


💫 Bachtrack, Constance Clara Guibert, 12/06/2014    🌏 (site international, article paru en français)

"Incroyable maturité de jeu, ...sensibilité bouillonnante fascinant par sa spontanéité et son évidence, ...art éblouissant"

 « Blechacz ne venait pas défendre que les mérites de la jeunesse, d’ailleurs, mais aussi, du haut de ses 28 ans, l’incroyable maturité de son jeu, qui ferait pâlir de jalousie plus d’un prodige, et qui fut largement récompensée lors du XVe Concours Chopin en 2005. 

 Il est vrai que c’est ce qui frappe dans le jeu de Rafał Blechacz. Une, cinq, dix idées musicales pour chaque note et, mieux encore, pour chaque silence — la sensibilité bouillonnante du Polonais fascine par sa spontanéité et son évidence. Ni contrastes saisissants, ni nuances grandiloquentes, ni rubatos attendus ou effets préparés : son interprétation semble relever d’une totale compréhension du discours musical, qu’on ose suivre les yeux fermés de Mozart à Chopin. 

 […] Le Mozart de Blechacz nous séduit dès le premier instant. Il joue avec le piano, s’amuse avec les notes, rit avec les phrases, dessinant la mélodie, esquissant les contrastes, nous plongeant sans effort dans l’univers des salons viennois. Le génie attablé au piano déguste et dévore sa partition dans une fougueuse et insouciante liberté, rappelant furieusement l’Amadeus de Milos Forman. 

[…] Associer Bach et Chopin, pourquoi n’y a-t-on pensé plus tôt ? On y a pensé plus tôt, c’est d’ailleurs Chopin lui-même qui ne manquait jamais de jouer les Préludes et Fugues avant ses concerts. Simplicité du discours, sobriété déclamatoire, refus de la surenchère : les Partitas ne sont pas si éloignées des Nocturnes, des Préludes, des Valses et des Mazurkas. [...] Ce Bach intime et serein semble évident, tant le toucher et le dessin mélodique se complètent dans une juste intelligence. 

Et c’est avec aisance que Rafał Blechacz enchaîne rapidement avec Chopin : la Polonaise Militaire d’abord, puis celle qui lui succède dans l’Opus 40. Nous doutions déjà, dans Bach, que ce fût sur scène le même pianiste que celui qui folâtrait avec gaieté dans les ornements mozartiens. Avec les premières notes de la Polonaise, il est clair que c’est un autre homme : il possède le piano, fait corps avec l’instrument et la musique elle-même. Incompréhensibilité du génie : son interprétation s’impose d’elle-même dans chacun de ses aspects, et le mystère ne pourra être percé. Les reprises sont parfois piano, parfois forte ; les modulations sont parfois amenées par un rubato, parfois non ; les changements de caractère sont parfois accompagnés d’un changement de nuance, parfois non – inutile d’en chercher la raison : c’est la musique. Le son est plein et puissant mais sait se faire fin, lointain et doux. Même rondeur de timbre et précision de toucher dans le charmant Nocturne qui suit : pas de pianissimos réconfortants ni de contrastes subits, rien que la longue ligne que Rafał Blechacz maintient au sommet de son expression. 

 […] et l’on est bien heureux que […] l’art éblouissant du pianiste polonais soit salué partout sur son passage, à la barbe des automates qui gagnent parfois les concours et les cœurs. »



💫 Le MondeMarie-Aude Roux, 25/07/2012drapeau  (article paru en français)

"Polonais, Rafał Blechacz joue Chopin à la polonaise, sans maniérisme ni affectation"

« Rafal Blechacz est arrivé sur le plateau comme s'il était un peu en retard au rendez-vous. Il s'est à peine incliné devant le public et a très vite attaqué la Partita n° 3 en la mineur BWV 827, de Bach. Attaquer n'est pas le mot : le piano de Rafal Blechacz, pour incisif qu'il puisse être, n'a rien d'un clavier prédateur. C'est un piano qui cultive dans Bach un toucher de clavecin, une fluidité à la pointe sèche, un velours ras. Son discours est précis, raffiné. Il tisse des liens entre une forte présence harmonique et les fils tendus de la mélodie. Un art du canevas polyphonique. [...] 

 – Polonais, Rafal Blechacz joue Chopin à la polonaise  – 

 Ballade n° 1 Op. 23, Polonaises Op. 26 n° 1 et n° 2 : Rafal Blechacz est au pays dès après l'entracte. Il joue Chopin tel que les Polonais le comprennent : sans maniérisme ni affectation, mais aussi sans exploit athlétique. Défilent des poids, des mesures, des paysages, des intentions. Une mosaïque de couleurs ciselées […] » 




💫 Le Temps, Julian Sykes, 06/03/2008drapeau  (article paru en français)

« – Rafal Blechacz à Fribourg. Un cœur pur au piano –

"Il prône le naturel et la juste mesure...Un cœur pur au piano, en nuances subtiles et racées"

Rare. Enthousiasmant. Rafal Blechacz a fait forte impression, mardi soir, à l'Aula de l'Université de Fribourg [...]. A 22 ans, ce pianiste polonais, vainqueur du Concours Chopin de Varsovie en 2005, s'avère infiniment plus musicien que nombre de collègues, dont les surmédiatisés Lang Lang et Hélène Grimaud. 

C'est un garçon simple, sans prétention. Il vient d'une bourgade au centre-nord de la Pologne. [...] 

Rafal Blechacz n'a rien d'une bête de scène. Il joue sans manières, prône le naturel et la juste mesure. Pressenti comme «le» nouvel interprète de Chopin, il pourrait bien être un authentique mozartien. 

[…] Rafal Blechacz restitue aux Préludes de Chopin leurs mille facettes, capable d'envolées que l'on peut déceler dans son disque, mais qui se manifestent encore davantage en concert. Un cœur pur parle, en nuances subtiles et racées. »





Rafał Blechacz interprète les Mazurkas de l'Opus 24, Théâtre La Fenice, Venise, 2019
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🎧 Une playlist intitulée Rafał Blechacz plays Chopin, regroupant toutes les œuvres de Chopin enregistrées par Rafał Blechacz, est disponible sur Spotify: open.spotify.com/playlist/RafałBlechacz

🎵 Les enregistrements des œuvres de Chopin par Rafał Blechacz (studio, live et autres diffusions) sont détaillés dans l’article:  Œuvres de Chopin par Rafał Blechacz



Note: afin de faciliter la recherche, en raison des contraintes de clavier, les noms cités sont orthographiés ici sans signes diacritiques, sans déclinaisons, ligatures, ni autres particularités typographiques: Rafal Blechacz, Naklo nad Notecia, Gorzow, Kasna Dolnam, Fryderyk, Katarzyna Popowa-Zydron, Damian Gruszczynski, Jacek Polanski, Halina Czerny-Stefanska, Torun,  Roza Swiatczynska, Szczawno-Zdroj, Jacek Marczynski, Zelazowa Wola, Brochow, Pr Strozewski, Anna Raczkowska, Mirga Grazinyte-Tyla, coeur, oeuvre
Article publié le décembre 25, 2023 • Mis à jour le mai 23, 2026

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