Articles

Affichage des articles du juillet, 2026

Rafał Blechacz et Chopin

Rafał Blechacz

«L’artiste conduit la poésie jusqu’à l’impalpable» «Un cœur pur au piano, en nuances subtiles et racées»

Consulter la page

📚 Le dernier grand concert parisien

Image
     Peu après son concert au Théâtre-Italien , Chopin ose une nouvelle fois se mesurer au public parisien. Le dimanche 26 avril 1835, il participe au concert organisé par François-Antoine Habeneck.  1  Il lui est difficile de décliner l’invitation de ce célèbre chef d’orchestre, qui avait accepté, trois semaines plus tôt, de diriger le concert de bienfaisance en faveur des réfugiés polonais.  2  La soirée revêt également une importance particulière : elle clôture la saison de la Société des Concerts du Conservatoire, fondée et dirigée par Habeneck. Trois ans auparavant, Chopin avait sollicité cette institution afin de s'y produire, mais sa demande était restée sans réponse.  3  Ce sera finalement sa seule participation à l'un des concerts de cette prestigieuse société.  4 Le programme réunit principalement des œuvres de Beethoven et Schubert. On y annonce également une « Polonaise avec introduction pour le piano, composée et exécutée ...

📚 1835 : Le retrait progressif de l'estrade

Image
     Au début du mois de mars 1835, la presse revient sur le concert donné quelques jours plus tôt par Ferdinand Hiller à la Salle Érard, où Chopin l'accompagna dans le  Grand Duo pour deux pianos op. 135. Dans Le Pianiste du 5 mars, le critique regrette que le jeu de Chopin ait été trop peu entendu : « [...] nous ajouterons toutefois, qu’on entendait trop faiblement M. Chopin, et que beaucoup de détails de sa partie ont dû être perdus pour les auditeurs. Le talent, parfait d’ailleurs, de M. Chopin est si délicat, si plein de nuances imperceptibles et qu’une oreille sensible et exercée peut seule saisir, que c’est à notre avis, un désavantage pour lui d’être entendu avec un autre. M. Chopin a besoin de jouer seul pour être apprécié tout ce qu’il vaut.  »  1   Plus de quarante ans plus tard, Hiller lui-même reviendra sur ce souvenir : « On ressentait même comme un élément de charme l’absence de cette puissance de sonorité —  propre à Liszt, à Th...

L'impression d'une effusion spontanée

Image
     Le 7 juillet 1848, Frédéric Chopin donne à Londres l'un des derniers concerts de sa carrière. Grâce au facteur de pianos John Broadwood , il a fait la connaissance de Lord Falmouth, riche aristocrate mélomane qui met à sa disposition son hôtel particulier du 2 St James's Square. Près de deux cents invités assistent à cet évènement.  1 Programme du concert de F. Chopin du 7 juillet 1848 à Londres (📸   The Cobbe Collection Trust ) Chopin y interprète notamment un Andante Sostenuto (probablement celui de l'opus 22  2 ), le Scherzo en si bémol mineur op. 31, les Études op. 25 en la bémol majeur (n° 1), fa mineur (n° 2), do dièse mineur (n° 7) , un Nocturne , la Berceuse , des Préludes , des Mazurkas ,  une Ballade , et des Valses . Pauline Viardot chante des Mazurkas arrangées par elle-même pour la voix .  3 Trois jours plus tard, le Daily News publie sous la plume du critique musical George Hogarth un article qui demeure l'un des plus...