Le "dieu" Mozart
Le 20 juillet semble placé sous le signe de la perte : une lettre disparue, une broche tombée… et une douce illusion envolée, anéantie dans un quiproquo digne d'un opéra de Mozart. Dans une lettre aujourd’hui perdue, datée du 20 juillet 1831, Chopin informe sa famille de son départ prochain pour Munich, qu’il compte rejoindre en passant par Linz et Salzbourg. 1 2 À Salzbourg, accompagné de son ami Norbert Kumelski, il ne manque pas de visiter la maison natale de Mozart 3 — « son dieu », selon les mots qu'emploiera plus tard Antoine Marmontel, son contemporain : « Mozart était son Dieu, J.S. Bach, un des maîtres préférés, recommandé à tous ses élèves. » 4 Tout comme dans un Prélude de Chopin, dans un air de Mozart, la simplicité et la grâce peuvent irradier un moment de trouble ou de désespoir — comme laisser tomber une broche — et toucher au sublime. Chopin ne confiait-il pas lui-même : « Dans la musique de Mo...