"Les cyprès aussi ont leurs caprices"
Le 25 juin 1849, alors que ses proches s'alarment de son état, Frédéric Chopin écrit à sa sœur aînée Ludwika , demeurée en Pologne : « Mon Âme, Si vous le pouvez, venez. Je me sens faible et nul médecin ne me fera du bien comme vous. […] Mon appartement de Chaillot est assez grand pour vous loger même avec deux enfants. […] Le temps est superbe. Je suis assis dans le salon d’où j’admire tout le panorama de Paris : les tours, les Tuileries, la Chambre, Saint-Germain-l’Auxerrois, Saint-Étienne-du-Mont, Notre-Dame, le Panthéon, Saint-Sulpice, le Val-de-Grâce, les Invalides à travers mes cinq fenêtres ; […]. Écrivez-moi tout de suite un mot. Après tout, les cyprès aussi ont leurs caprices ; mon caprice est de vous avoir ici. Dieu permettra peut-être que tout aille bien, sinon faites comme s'il le permettait. J'ai bon espoir car je ne demande jamais grand-chose, et je me serais même abstenu de cela aussi si je n'y avais été poussé par tous ceux qui me veulent du bien...