Rafał Blechacz et Chopin

Rafał Blechacz

«L’artiste conduit la poésie jusqu’à l’impalpable» «Un cœur pur au piano, en nuances subtiles et racées»

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Le favori de tous les salons


   Le 27 octobre 1849, Hector Berlioz publie son hommage nécrologique à Chopin dans le Journal des débats : 

« [...] Loin d’être morose, Chopin [...] se montrait d’une bonhomie malicieuse qui donnait un irrésistible attrait aux relations que ses amis avaient avec lui. Il apportait dans la conversation cet humour qui fit le charme principal et le caractère essentiel de son rare talent. 
 

Un succès passionné auprès des femmes

« Ses compositions pour le piano ont fait école. La grâce la plus originale, l’imprévu du tour mélodique, la hardiesse des harmonies et l’indépendance de l’accent rythmique s’y trouvent réunis à un système entier d’ornementation dont il fut l’inventeur et qui est resté inimitable. Ses études pour le piano sont des chefs-d’œuvre où se retrouvent concentrées les qualités éminentes de sa manière et ses plus rayonnantes inspirations. Nous les placerons même au-dessus de ses célèbres mazurkas qui, dès leur apparition, valurent à Chopin un succès passionné auprès des femmes surtout, et le rendirent le favori de tous les salons aristocratiques de l’Europe. [...]

La Mazurka des salons, Alexandre Lacauchie
La Mazurka des salons, Alexandre Lacauchie (1814-1886), gallica.bnf.fr

 

Que d’émotions alors il savait faire naître ! 

« Aussi Chopin, malgré son magnifique talent d’exécution, n’était-il pas l’homme de la foule, le virtuose des grandes salles et des grands concerts. Il avait renoncé à ces tumultes depuis longtemps. Un petit cercle d’auditeurs choisis, chez lesquels il pouvait croire à un désir réel de l’entendre, pouvait seul le déterminer à s’approcher du piano. 
Que d’émotions alors il savait faire naître ! En quelles ardentes et mélancoliques rêveries il aimait à répandre son âme ! C’était vers minuit d’ordinaire qu’il se livrait avec le plus d’abandon ; quand les gros papillons du salon étaient partis, quand la question politique à l’ordre du jour avait été longuement traitée, quand tous les médisants étaient à bout de leurs anecdotes, quand tous les pièges étaient tendus, toutes les perfidies consommées, quand on était bien las de la prose, alors obéissant à la prière muette de quelques beaux yeux intelligents, il devenait poète, et chantait les amours ossianiques des héros de ses rêves, leurs joies chevaleresques, et les douleurs de la patrie absente, sa chère Pologne toujours prête à vaincre et toujours abattue. 

La curiosité excitée par sa renommée semblait même l’irriter

« Mais hors de ces conditions, que tout artiste doit lui savoir gré d’avoir exigées pour se produire, il était inutile de le solliciter. La curiosité excitée par sa renommée semblait même l’irriter, et il se dérobait le plus tôt possible à un monde non sympathique quand le hasard l’y avait fait s’égarer. Je me rappelle un mot sanglant qu’il décocha un soir au maître d’une maison où il avait dîné. A peine avait-on pris le café, l’amphitryon, s’approchant de Chopin, vint lui dire que ses convives, qui ne l’avaient jamais entendu, espéraient qu’il voudrait bien se mettre au piano et jouer quelque petite chose. Chopin s’en défendit dès l’abord de manière à ne pas laisser le moindre doute sur ses dispositions. Mais l’autre insistant d’une façon presque blessante, en homme qui sait la valeur et le but du dîner qu’il vient de donner, l’artiste coupa court à la discussion en lui disant de sa voix faible et interrompue par un accès de toux : « Ah ! Monsieur… j’ai… si peu mangé !… »  
 

La constante admiration pour Mozart 

« Malgré le produit considérable de ses œuvres et des leçons qu’il donnait, Chopin ne laisse pas de fortune ; les malheureux Polonais que l’exil a tant de fois amenés à sa porte savent où cette fortune a passé. Au dernier instant, la constante admiration de Chopin pour Mozart lui a fait désirer que l’immortel Requiem fût exécuté à ses funérailles. Son digne élève, M. Gutmann, a recueilli ce vœu avec son dernier soupir. Aussitôt toutes les démarches nécessaires ont été faites ; grâce à l’intervention active de M. l’abbé Deguerry, M. l’archevêque a levé l’interdiction qui rendait impossible l’exécution du Requiem de Mozart ; les choristes femmes pourront en conséquence figurer dans cette cérémonie, qui aura lieu dans l’église de la Madeleine mardi prochain. » 1



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 Rafał Blechacz interprète la Mazurka en do dièse mineur, op. 63 n° 3, dernière Mazurka publiée du vivant de Chopin. 

🎧 Une playlist intitulée Rafał Blechacz plays Chopin, regroupant l'ensemble des œuvres de Chopin enregistrées par Rafał Blechacz, est disponible sur Spotify: open.spotify.com/playlist/RafałBlechacz
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Hommage de Berlioz
Mort de Chopin, hommage nécrologique d'Hector Berlioz, 27 octobre 1849, Journal des débats (📸 gallica.bnf.fr)   



1.  Article « Mort de Chopin », par Hector Berlioz, Journal des débats, 27 octobre 1849 (gallica.bnf.fr) — Jean-Jacques Eigeldinger : Chopin, âme des salons parisiens, p. 51

📖 Sources :  Bibliographie

 

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⏱ La chronologie des œuvres de Chopin est détaillée dans la page : Œuvres complètes

🏰 L’histoire de la Pologne et de ses partages est  plus détaillée dans l’article: La Pologne à l'époque de Frédéric Chopin

🎹 Les enregistrements des œuvres de Chopin par Rafał Blechacz (studio, live et autres diffusions) sont détaillés dans l’article:  Œuvres de Chopin par Rafał Blechacz


Cet article est inspiré d'un tweet (Twitter) publié le 27 octobre 2022: Hanami sur X : « 💐Berlioz dans son hommage nécrologique à Chopin ...

Cet article a inspiré une publication parue sur Facebook (Chopin l'Enchanteur) le 27 octobre 2026: 
💐 Le 27 octobre 1849, Hector Berlioz publie...


Note: afin de faciliter la recherche, en raison des contraintes de clavier, les noms cités sont orthographiés ici sans signes diacritiques, sans déclinaisons, ligatures, ni autres particularités typographiques: Fryderyk, Rafal Blechacz, voeu, oeuvre

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Article publié le octobre 27, 2026 • Mis à jour le octobre 27, 2026

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